Sardaigne, l’île aux trésors

Plus vaste que la Corse mais plus petite que sa grande sœur la Sicile, voici La Sardegna. Loin de la côte orientale et de sa jet set, c’est sur les routes de l’ouest sauvage et d’un centre montagneux que se révèlent les trésors cachés de cette île : une certaine histoire de la Méditerranée et des plages splendides. Embarquement immédiat pour percer quelques-uns des mystères de cette surprenante insularité. (Par Didier Houeix)

Traversée maritime

Port de Marseille, fin mai : Le Scandola, notre navire de la compagnie maritime La Méridionale offre l’essentiel du confort à bord pour une traversée nocturne en Méditerranée d’une douzaine d’heures jusqu’à Porto Torres au nord-ouest de l’île. La traversée s’annonce estivale ! Début juin c’est l’ouverture de la saison chaude en Sardaigne avec 27°C de moyenne. Quant à notre objectif, il est original : longer la côte ouest et remonter par le centre. Un choix surprenant car c’est plutôt à l’est, sur la fameuse Costa Smeralda, que déferlent les touristes.

Dans l’anse de Porto Conte

Porto Torres n’a d’originalité que le rôle qu’il est censé jouer dans ce périple : un port d’arrivée et de départ avec ses rues proprettes et ses attractions foraines. À l’ouest, la ville est cernée par une zone industrielle, des chapelets de ronds-points déserts, de terrains vagues et de réservoirs pétroliers. Mais la surprise est ailleurs : direction l’ouest vers l’anse de Porto Conte et sa route bordée de lauriers roses gonflés de fleurs roses et blanches. Le silence est d’or et l’eau d’une incroyable transparence. À Maristella, des propriétaires déjeunent sur le pont de leur voilier au mouillage. Le claquement des drisses, le clapotis qui lèche un petit quai de pierre, voilà une Sardaigne bien reposante. Au loin, sur l’autre rive, l’impressionnant Capo Caccia se dresse du haut de ses 280 mètres : un phare et sa tour blanche bien connus des navigateurs. Pour accéder à la plage de Mugoni et sa pinède qui ceinture la baie, il faut être persévérant : le réseau de perpendiculaires aboutit souvent à des propriétés privées. En cette fin d’après-midi, Mugoni est vide de silence.

Alghero, la cité du corail

La découverte d’un vieux bateau de bois : l’Alguer, dont le nom catalan est Alghero, invite à poursuivre vers la cité maritime du même nom. Près de 60% de ses habitants (environ 48000) y parlent un catalan reconnu, enseigné, et présent dans les documents officiels et même sur les panneaux du centre historique. Nous nous faufilons dans la frénésie de cette ville touristique jusqu’au front de mer ourlé de sa grande plage et d’une multitude de transats et parasols. Bâtie sur un promontoire rocheux fragilisé par les assauts incessants de la mer, la vieille ville d’Alghero se protège derrière des murailles arborant le nom de célèbres explorateurs : Marco Polo, Magellan… Les flâneurs de la promenade des remparts viennent ici pour le soleil, la visite des célèbres Grotta di Nettuno, le pittoresque du lieu et pour son or rouge : le corail. On le nomme ainsi car son prix est presque aussi élevé que le précieux métal. Quant à sa pêche elle est strictement réglementée, réservée aux seuls plongeurs munis d’une licence qui autorise sa récolte à une profondeur maximale de 8 mètres du 1er mai au 15 octobre. Il est partout : sur le blason de la ville et surtout dans les vitrines des joailliers.  

Sennariolo, village perché

La route du sud côtière surplombe de hautes falaises escarpées, précipices et ravins couverts d’un maquis aromatique. Myrte, ciste, genêts, oliviers sauvages, encensent l’air de ce parfum méditerranéen inimitable. À la nuit tombante, nous prenons la direction du camping de La Rosa Dei Venti à Sennariolo, village perché entre Tresnuraghes et Cuglieri. Un calme olympien règne sur ces hauteurs isolées qui dominent de loin un front de mer sauvage. Au réveil, le paysage est hors du temps et seules les cloches de quelques moutons viennent rompre la plénitude du campement proche de la petite chapelle Santa Vittoria perdue au milieu des cactus. Le ciel d’un bleu profond renvoie déjà sa chaleur. Tout au long de la journée, elle va griller les murets de pierre qui délimitent la petite route de Sennariolo. Dans les ruelles étroites, sur le crépi des maisons, une fresque, deux fresques, une collection de fresques dont les thèmes variés permettent de penser que les artistes ont laissé libre cours à leur inspiration. La religion, l’artisanat local et la passion pour la photographie : ici tout est bon pour pratiquer l’art des murales.

Dans la péninsule du Capo San Marco

Sur la plage de Putzu Idu bordée de palmiers et d’une lagune de salines, le sable fin colle aux pieds. L’eau de plusieurs bleus (opale, marine, turquoise) est extraordinairement limpide. Elle a un goût de paradis. Débarqués de leurs bateaux, voici que se pointent les pêcheurs de Porto Mandriola. Burinés, abrutis par le vent, les embruns, le soleil et une journée harassante, ils mettent leur dernière force dans le coup de rames qui les ramènent à la maison. Leurs prises de choix (mérous, loups, daurades et poulpes…) seront destinées aux marchés les plus proches. À deux pas, le site de Tharros dont tous les opuscules touristiques vantent les mérites est décevant. Encerclé par un grillage, surveillé par des caméras, il a des allures de camp retranché. Constat amer : les colonnes corinthiennes sont les vedettes cernées d’un simple business touristique. Côté mer trop de monde, mais côté golfe, face aux scintillements des lumières d’Oristano, la nuit s’installe abritée d’un souffle dominant de sud-ouest : le libeccio qui harcèle la péninsule du Capo San Marco.

Étape à Carbonia

Le lendemain, direction plein sud vers les îles de Sant’Antioco et San Pietro. Mais avant, nous faisons étape à Carbonia. L’île de Sant’Antioco est connue depuis l’Antiquité pour ses gisements de charbon, plomb, zinc et son calcaire. Mais en 1936, la découverte du bassin charbonnier de Serbariu, toujours signalé par ses chevalements, transforme radicalement la région aux prix de nombreux sacrifices pour l’environnement. L’afflux d’ouvriers et l’orgueil démesuré de Benito Mussolini provoquent la naissance de Carbonia (charbon en italien), ville nouvelle érigée en des temps records et inaugurée le 18 décembre 1936 par le Duce. Depuis, le vent de l’histoire a tourné et la ville s’est vidée. Direction donc Sant’Antioco.

Sur l’île de Sant’Antioco

L’arrivée passe par une sorte de pont routier qui fend la baie en deux : à gauche les salines de Caterina, étendues immaculées et mouchetée du rose de colonies de flamants. À droite, une porte vers l’île de San Pietro. Ici, entre le 15 mai et le 15 juin, la “Matanza” échauffe les esprits : le thon rouge se fait piéger dans le canal reliant Sant’Antioco à San Pietro. La mer devient rouge sang, contraste frappant avec les façades apaisantes et colorées de teintes orange, bleu, rose. Toute la ville est pastel. C’est à l’aube qu’il faut prendre le pouls de cette ancienne cité phénicienne. Il y a d’abord le retour des pêcheurs aux embarcations particulières, longues, à fond plat et au nez relevé, tandis que l’Azzura, la Luna, la Patrizia, l’Antonietta, de plus grosses unités, reposent déjà dans les eaux du port, les caisses remplies de polpi, granchis et murènes… Le soleil qui se lève réchauffe les premiers hommes attablés à la terrasse d’un café. Ce matin visite du Ferrucio Barreca, le musée archéologique, l’un des plus beaux musées de Sardaigne. Incontournable si l’on souhaite en savoir plus sur les Byzantins, Étrusques, Phéniciens, Carthaginois, Romains…

À la découverte des Nuraghes

D’innombrables nuraghes parsèment les plaines et les collines sardes. À la fois tours de guet ou lieux de culte, ces constructions marquent le passage du néolithique à l’âge de bronze. Plus d’une vingtaine est répertoriée dans le quadrilatère formé par les villes de Macomer, Suni, Padria et Semestene, dont celui de Nuraddeo. Pour y parvenir, il suffit d’emprunter le ruban de quatre voies de l’A131 qui traverse l’île de Sant’Antioco du nord au sud : Siliqua, Samassi, Sanluri et enfin Macomer, au-dessus de laquelle s’est installée une brume réfrigérante, signe d’un vrai climat de moyenne montagne. Le nuraghe de Tamuli est difficile à dénicher au pied de sa montagne. Le site, accessible par une petite route défoncée, est gardé et sa visite payante, mais rien à voir avec Tharros. Laissez-vous conter  l’histoire de Tamuli, de ses trois tombes de géants et de ses six bétyles, pierres levées de basalte en forme d’ogives représentant trois hommes et trois femmes.

Capo Falcone, les plus belles plages de Sardaigne

Ensuite notre intérêt pour la presqu’île du Capo Falcone va pianissimo. Le coin est fréquenté, c’est le moins que l’on puisse dire. Malgré la beauté du cap, l’immobilier s’est emparé des paysages et de la célèbre plage de Pelosa que l’on dit être  l’une des plus belles de Sardaigne tant il est vrai que son eau n’en finit pas de "bleuter" le regard des vacanciers ébahis par sa couleur irréelle. À deux pas de la baignade et de ses ébullitions, les rues de Stintino sont désertes. De l’effervescence du matin (on s’y approvisionne en nourriture et en espadrilles) il ne reste rien : l’atmosphère est idéale pour se détendre, faire du shopping et savourer, devant le vieux port, una gelata. Et pour profiter des bienfaits de la région loin des foules, un seul conseil : filez vers Tonnara Saline, une plage de minuscules galets blancs aux eaux chaudes et limpides. À la veille de notre retour, nous dormirons proches des salines, à deux pas de notre embarquement, des rêves pleins la tête sur cette côte ouest qui mérite plus qu’un détour.

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