Charente, sur les rives du fleuve tranquille

Pays de Cognac, Saintonge, le "plus beau ruisseau du Royaume" s’écoule lentement entre pierres et vignes, traversé par des ponts anciens, des bacs à chaînes et un pont transbordeur. Ses rives paisibles sont accueillantes, et ses petites villes, d’Angoulême à Cognac, actives et riches en patrimoine. (Par Marie-Hélène et Yves Lundy)

Saint-Simeux, village perché sur les rives de la Charente

Passé Angoulême, sur la route de Cognac, nous prenons à gauche la D7 direction Hiersac qui nous conduit à Saint-Simeux, village perché sur le coteau nord d’où nous descendons vers les rives de la Charente. Pause-déjeuner près de l’écluse, sous les ombrages des saules et des peupliers, et spectacle toujours fascinant du passage de l’écluse manuelle par les bateaux de plaisance.

Le plus beau ruisseau du Royaume

La plaisance fluviale perpétue sur la Charente une navigation qui autrefois avait un rôle économique majeur. Les gabarres transportaient sel, bois, vin, cognac, papier, pierres et canons. Aujourd’hui, le "plus beau ruisseau du Royaume" cher à François 1er est devenu le fleuve le plus tranquille de la République et les gabarres reconstruites à l’identique promènent les touristes sur ses eaux calmes. La Charente, "rivière des pierres" née en Limousin, coule en pente douce sur 360 kilomètres et notre ambition est de la longer jusqu’à Cognac.

Sur la route des ponts et bras de la Charente

Nous commençons par un crochet jusqu’à Angeac-Charente pour nous engager sur la petite route des ponts et bras de la Charente : quatre kilomètres qui valent le détour entre Angeac et Vibrac, dans un cadre bucolique de verdure et de prairies où les vieux ponts de pierre enjambent des eaux claires. On s’y baigne, on y pêche et on s’y gare facilement dans l’herbe de la terre ferme ou d’une île.

Saint-Simon, port gabarrier

Puis voici Saint-Simon, un arrêt s’impose : en pleine campagne charentaise, Saint-Simon est un ancien village de marins ! Escale importante de la navigation fluviale jusqu’au XXe siècle, le port gabarrier faisait vivre toute une population de navigateurs, charpentiers, haleurs, aubergistes… Aujourd’hui, sur l’eau, hormis les bateaux de plaisance, il ne reste plus que la gabarre touristique et, sur terre, la Maison des Gabariers qui entretient le souvenir de la batellerie charentaise.

Abbaye de Bassac, un des plus beaux édifices romans saintongeais

Trois kilomètres plus loin, autre étape, religieuse celle-là : Bassac et son abbaye, un des plus beaux édifices romans saintongeais. Fondée au XIe siècle, elle est animée par des Frères Missionnaires. Relais des pèlerins de Compostelle, l’Abbaye Saint-Étienne de Bassac et son église abbatiale au portail roman attirent en saison de nombreux visiteurs.

Jarnac, ville natale de François Mitterrand

De Bassac nous rejoignons Jarnac. Connue pour son célèbre “coup de Jarnac”, une botte secrète qui remonte à un duel datant de 1547, la ville a d’autres atouts qui ont contribué à sa notoriété. La présence d’une grande marque de cognac : Courvoisier, fournisseur officiel de Napoléon, et le souvenir de François Mitterrand, sa maison natale, sa tombe et sa donation où sont exposés les cadeaux présidentiels. Après une demi-journée partagée entre visites républicaines et balades champêtres sur les quais, nous prenons la route à quatre voies pour atteindre Cognac.

Cognac, sous le signe de la pierre et de l’eau

Un vrai bonheur : nous sommes au bord de la Charente, devant le port de plaisance, face au château, tout près du centre-ville. Que demander de plus dans l’une des villes les plus célèbres du monde ? Cognac est placée sous le signe de la pierre et de l’eau. L’eau, c’est le fleuve qui entoure la ville de son méandre. La pierre c’est le Château des Valois où naquit François 1er, les Tours Saint-Jacques, vestiges de l’ancienne enceinte fortifiée, les rues pavées qui sillonnent le Vieux Cognac, les maisons du XVe siècle à pans de bois, les hôtels particuliers du XVIIe aux façades restaurées.

Le cognac, liqueur des dieux

Mais ce qui saute aux yeux à Cognac, et parfois aux narines, c’est l’empreinte de la "liqueur des dieux" : Hennessy, Martell, Camus, Otard, Rémy Martin… toutes les grandes maisons de cognac ont pignon sur rue sous forme d’enseignes en lettres géantes, de chais immenses, de salles de dégustation. Plus insolite, un léger voile noir recouvre les murs et les toitures : c’est un champignon microscopique né de l’évaporation des vapeurs d’alcool, la fameuse part des anges. Pour visiter et déguster la célèbre eau-de-vie, vous avez l’embarras du choix ! Un embarras qui s’accentue encore si vous décidez d’ajouter à votre liste la Cognathèque, le Musée des arts du cognac, ou encore le Musée d’art et d’histoire du cognac. Mais en aucun cas vous ne serez déçus : l’histoire du divin breuvage remonte au XVIIe siècle.

Le Circuit du Chêne, parcours original du fût au fût

À Cognac, Segonzac, Jarnac, c’est une formidable manne économique qui nourrit de nombreux métiers : bois, ferronnerie, verrerie, bouchons, emballages… Ne manquez pas une expérience passionnante : le Circuit du Chêne qui vous propose un parcours original “du fût au fût”, du tronc d’arbre au tonneau. Vous rencontrez successivement le fendeur de merrains qui débite les billes de chêne, puis les artisans tonneliers qui assemblent les douelles pour en faire des barriques par la précision du marteau et la magie du feu, et enfin les distillateurs qui, avec leurs alambics cuivrés, sont les véritables maîtres d’œuvre de la chauffe charentaise.

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