Côte d’Azur et vallées de la Roya-Bévéra

Du faste de la Côte d’Azur, bercée par les flots de la Méditerranée et les lumières urbaines, aux villages montagneux et rustiques de la vallée de la Roya, il n’y a qu’un pas. Et pourtant, quel contraste ! Mais d’un côté comme de l’autre, l’émerveillement est au rendez-vous. (Par Sandrine Moirenc) 

À la découverte du Suquet, le Cannes historique

Tout le monde connaît la célèbre Croisette cannoise, son Palais des Festivals, son magnifique port bardé de super yachts. Vers les hauteurs, son vieux centre, le quartier du Suquet se révèle plus intimiste. C’est ici que commence l’histoire de Cannes, lorsqu’elle n’était qu’un petit village de pêcheurs. Prêtez-vous au jeu de l’observation dans les vieilles venelles : linteaux, fontaines, oratoires, arcades, portes résistent aux frasques de la nouvelle ville. Des Ligures, en passant par les Romains, puis Saint-Honorat et ses moines, le site reste un port naturel avec une colline de maisons bâties par les pêcheurs. Cannes et son port ne connaissent un essor qu’à partir du milieu du XIXe siècle grâce au lord anglais Brougham, tombé amoureux de la cité. La visite du quartier commence par l’ascension de la rue du Suquet : une souricière de fameux restaurants, restant discrets, imbriqués dans un alignement de façades d’ocres et de pierres, parfois fortifiées, un souvenir du temps des conquêtes barbares. Courage, il faut maintenant gravir les cent marches de la traverse de la tour pour monter jusqu’à l’église Notre-Dame-de-l’Espérance. Le jeu en vaut la chandelle car le panorama sur Lérins, la côte et le large, est tout simplement enivrant ! De la place de la Castre, on redescend en déambulant dans les venelles : elles sont toutes de vieilles pierres et de vieilles histoires, de portes et d’arcades, de beaux linteaux, de fontaines et d’oratoires. La rue du Barri, fortifiée, la rue Panisse, une étroite montée d’escaliers, la rue Costecorail, là où les pêcheurs faisaient sécher leurs filets… Le Suquet est une incitation au plaisir du jeu de l’observation et de la découverte.

Nice, une explosion de couleurs et de senteurs

Un peu plus loin, Nice s’épanouit le long de la baie des Anges, un nom évocateur en parfaite résonance avec le charme de son vieux centre. Pour y accéder, il vous faut longer la côte par la célèbre Promenade des Anglais, cette longue avenue frangée de somptueux palaces, hôtels et casinos. Entrez dans la vieille ville par le cours Saleya, la place qui accueille le marché aux légumes et aux fleurs de Nice, vous y vivrez une explosion de couleurs et de senteurs. Et puis infiltrez-vous dans les rues alentour qui révèlent les patines éclatantes et latines des demeures. Par la rue Droite, on atteint le Palais Lascaris et l’église du Gesù, à la façade bleue baroque. Faites un tour également vers la cathédrale Sainte-Réparate, inspirée par le baroque romain et entourée de sympathiques terrasses. Sur l’une des collines qui entourent la ville, le quartier de Cimiez, vous trouverez un amphithéâtre et des vestiges de thermes romains datant de la victoire de César sur son rival Pompée. Visitez également les Musées Matisse et Chagall : ils consacrent de superbes collections des deux maîtres, amoureux de la Côte d’Azur.

Menton : entre architecture italienne et jardins anglais

Pour vous rendre à Menton, maintenant, il vous faut absolument prendre la Grande Corniche, cette magnifique route aménagée par Napoléon Ier et qui monte assez haut pour dominer toute la côte jusqu’à Menton. Vous découvrez la cité lovée entre mer et montagnes, dans un éden de lumières et de douceurs. Depuis son magnifique petit port, vous pouvez aller vous prélasser sur la plage ou bien visiter l’un des nombreux jardins exotiques qui font la richesse de la ville et qui avaient été aménagés par les Anglais au XVIIIe siècle. Il ne vous reste alors plus qu’à arpenter son vieux centre, à l’influence italienne, en vous immergeant dans un labyrinthe de ruelles enchevêtrées, aux noms évocateurs de pirates. Les façades hautes et étroites s’élèvent comme les gardiennes d’une vie secrète et paisible se déroulant derrière les persiennes vert amande. Elles exhibent au soleil la polychromie de leurs ocres rouges et jaunes. Menton respire l’Italie, respire également l’histoire du large. L’architecture de ce cœur médiéval, l’intimité qui hante ces lieux, semblent avoir préservé les scènes de vie de l’emprise du temps. Évadez-vous dans un souffle baroque en visitant la chapelle des Pénitents Blancs, qui honore l’œuvre de fresquistes italiens du XVIIe siècle, et la basilique Saint-Michel Archange, autre joyau baroque des XVIIe et XVIIIe siècles, qui laisse contemplatif : du parvis de galets dessinant les armoiries des Grimaldi s’élève une façade transcrivant un véritable cours d’histoire de l’art avec ses colonnes à fûts lisses ou géminées et ses chapiteaux ioniques et corinthiens. Mais la ville de Menton n’est pas seulement réputée pour son architecture, elle l’est aussi pour ses citrons ! La douceur du climat mentonnais conjuguée à un taux assez élevé d’humidité en a fait une terre de prédilection pour les plantes et particulièrement les agrumes. La légende dit que dans cet éden, Eve aurait enterré le fruit d’or, un citron, qu’elle aurait emporté du paradis dont le couple mythique fut chassé. Ici l’air embaume les fragrances d’oranges, de citrons, de mandarines… Les touristes sont toujours frappés, même en plein hiver – le citronnier produit toute l’année – de découvrir des coins de paradis éternellement fleuris, des arbres généreusement décorés de fruits. Pour honorer une telle bénédiction, quelques hôteliers décident, en 1875, d’organiser un défilé carnavalesque mettant en scène des chars supportant des motifs et guirlandes composés d’agrumes. La manifestation, qui est un succès, va devenir la fête du Citron, un événement annuel qui se déroule chaque mois de février.

Sospel, sur la route du sel

Poursuivez votre route en remontant la sinueuse D2566a. Vous basculez, à partir du col Saint Jean, dans un décor alpin arboré d’une végétation généreuse. Entre paradis verdoyants encaissés et fenêtres panoramiques sur les vallées, les villages s’égrènent, perchés sur des écrins minéraux et profondément ancrés dans leur influence italienne, leur terroir et traditions. Il y a d’abord Sospel écoulant ses jours paisibles et colorés sur le bord de la Bévéra, avec ses façades ocrées maquillées de persiennes, ses trompe-l’œil, ses églises et chapelles baroques, ses cadrans solaires. Malheureusement, ici aussi les paraboles poussent sur les toits mais le linge a toujours sa place sur les étendoirs de fortune des balcons. À l’intérieur, la vieille ville chante ses airs médiévaux au travers de ses demeures gothiques, ses ruelles pavées, ses passages en arcades, ses fontaines, ses cadrans solaires. On peut également encore admirer de ce prestigieux passé des fenêtres géminées, des fenêtres à meneaux, des pavements en calades de galets blancs et noirs, la cathédrale Saint-Michel, un bel exemple de baroque. Cité épiscopale dès le Ve siècle, Sospel s’inscrivait également comme une grande étape sur la route royale de Nice-Turin, la route du sel, qui enjambait la Bévéra grâce au pont à péage, le fameux Pont Vieux médiéval. Aujourd’hui ce dernier abrite l’office de tourisme et relie plutôt le village aux nombreux chemins de grande randonnée qui s’enfoncent dans la vallée des Merveilles et le parc national du Mercantour. Sur les hauteurs de Sospel, c’est le fort Saint-Roch que l’on pourra visiter, mais il faut absolument aller voir la superbe petite station ferroviaire du village, un bâtiment d’époque trempé d’ocre rouge, et assister à la folklorique entrée en gare du train des Merveilles !

Breil-sur-Roya, le village des oliviers

Mais il est temps, maintenant, de bifurquer un peu plus à l’est pour emprunter les rives de la Roya, le plus petit fleuve de France, et s’enfoncer un peu plus encore dans un décor préalpin intimiste et sauvage. C’est au bord d’un lac, encaissé dans une vallée, que se révèle le village de Breil-sur-Roya, encore appelé le village des oliviers. Ici, ce sont quelque 35000 oliviers, cultivés en terrasses, qui entourent jalousement la petite cité. Une mer vert argentée qui donne généreusement plus de 20000 litres d’huile extra-pure chaque année, soit plus de 80 tonnes d’olives, précieux fruits également préparés à l’eau de source et au sel marin. Breil-sur-Roya n’est pas seulement une étape terroir, le site offre aussi une multitude d’activités, à commencer par la pêche, le kayak ou la randonnée. Pour les plus contemplatifs, le cœur du village offre ses petits coins de tranquillité à l’ombre de ses façades colorées, de ses toitures de schiste rouge. La cité a gardé de nombreuses traces de son passé historique, à commencer par ses vestiges de remparts, la tour Cruella, à flanc de montagne, et ses célèbres “crottés”, anciens séchoirs à figues, disséminés également sur les hauteurs. On admirera, bien sûr encore, les façades et les intérieurs des églises et chapelles.

Les villages perchés de la Bévéra-Roya

L’art sacré est très présent sur le tracé des villages perchés de la Bévéra-Roya, une route du baroque nisso-ligure a d’ailleurs été mise en place pour découvrir cet exceptionnel patrimoine religieux et artistique dans la même foulée, sans oublier les nombreux et merveilleux orgues d’époque abrités dans les églises. Allez admirer celui de Fontan, un peu plus haut, puis revenez sur Saorge. Ce splendide village médiéval accroché à son rocher s’étend dans un méli-mélo de hautes maisons datant du XVe siècle, un incroyable ensemble établi sur un terrain accidenté comme une place forte verrouillant la vallée. Sachez que le village se visite et se traverse à pied. À l’intérieur, la pierre respire encore son passé moyenâgeux au travers de ses rues étroites, ses enduits aux ocres, ses pavements en calades, ses arcades, ses voûtes, ses détails en pierre de taille, une architecture médiévale d’une beauté intacte. Certaines rues sont totalement couvertes : de vrais tunnels où la seule lumière qui les pénètre reste la lanterne. On ressent, ici, le caractère fort de ces hommes qui se sont adaptés à un environnement et un relief rudes, et par là même, la fierté qui les habite. Les commerçants, très hospitaliers, n’hésiteront pas à discuter leur histoire, leurs racines. Le patrimoine religieux n’est pas en reste non plus, à Saorge comme dans les autres villages des deux vallées d’ailleurs. La foi pouvait déplacer les montagnes à l’époque, si l’on considère dans quelles conditions ont été édifiés les bâtiments pieux sur ces pentes abruptes. Aujourd’hui, Saorge recense, entre autres, dans son enceinte trois superbes chapelles des Pénitents, La Madonna del Poggio, une église datant du XIe siècle, et le couvent des Franciscains, classé monument historique, dont on soulignera les magnifiques fresques du XVIIIe siècle sur la vie de Saint-François d’Assise, ornant les galeries qui entourent le cloître. Crochetez par La Brigue, village de caractère, dans la vallée de la Levenza. L’ancienne cité des XIVe et XVe siècles exhibe un incroyable patrimoine d’édifices religieux mais aussi une flopée de petits détails : cadrans solaires, statuettes, arcades, linteaux, colonnes renaissance…

Tende, aux portes de la vallée des Merveilles

Le voyage se prolonge, quelques kilomètres plus loin, sur Tende. Ce gros bourg perché dans la montagne ouvre la principale porte sur la vallée des Merveilles. Tende expose son architecture médiévale en amphithéâtre dans un cirque montagneux composé d’une vingtaine de sommets dépassant 2000 mètres. C’est dans la chaleur de ses ruelles qu’on peut lire son histoire, à même la pierre, sur ses linteaux arborant des sentences morales, sur ses armoiries, sur son architecture étagée en périodes, combinant Renaissance, gothique et baroque. Un art de vivre “perché” qui se décline jusqu’aux terrasses cultivées entourant le village. Tende, la bien nantie, tirait profit de sa situation sur cet axe transalpin en s’enrichissant du péage que générait le transit commercial dans la contrée. Étape incontournable pour une incursion dans la vallée des Merveilles, son musée du même nom abrite les moulages du plus important site de peintures rupestres au monde.

Notre sélection de campings

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35 camping(s) trouvé(s)
  •  Camping La Camassade - Tourrettes-sur-Loup
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    Tourrettes-sur-Loup Détendez-vous au bord de notre piscine extérieure. Vous bénéficierez gratuitement du Wifi sur place. Plus de 90% du camping est couvert par le Wifi. Trouvez ce dont vous avez besoin au commerce alimentaire du camping.

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    Tourrettes-sur-Loup Au camping Les Rives du Loup, profitez du calme et des joies de la nature dans la Vallée du Loup, tout en étant à 15 km de la Côte d'Azur, de ses plages et de ses stations balnéaire animées (Cagnes-sur-Mer, Villeneuve-Loubet, Saint-Laurent-du-Var). Le camping ...