Le Vaucluse, villages perchés et charme provençal

 

Entre Mont Luberon et Mont Ventoux, en plein cœur du Parc Naturel Régional du Luberon, le Pays d’Apt s’étire en terres agricoles et en villages perchés ayant chacun leur identité propre. Aucun ne se ressemble mais tous ont en commun le charme de la Provence qu’ils déclinent à leur manière : vieilles pierres, ocres, clochers, campaniles, artisanat et traditions. De Roussillon la rouge, à Apt l’artisanale, puis Saignon la rustique, nos trois cités donnent un bel aperçu de ce magnifique territoire.

 

Texte : Sandrine Moirenc

Roussillon, lumières d’ocres

 

Ocre taillée sur ocre rocheuse. Du haut de son promontoire, le village défie le géant de Provence, le Mont Ventoux. Entouré de vignes, de cerisiers et de pinèdes, Roussillon se présente comme un îlot suspendu, une véritable petite crèche où trône son joli beffroi au cœur du plus grand gisement ocrier du monde. Pour jouer avec les tons des falaises, les jaunes, les rouges, les bruns, les orangés de la cité s’y déclinent, n’accentuant que plus le contraste avec un ciel azuré. Dans cet havre de paix où la nature est magnifiée, on ferait bien une halte définitive !

 

Les carrières d’ocre

À droite à l’entrée du village, on grimpe le petit bout de rue qui mène à la billetterie des carrières. Quelques pas encore, avant de découvrir un paysage bien surprenant. Des formes étranges s’élèvent droit dans le ciel, d’autres font le dos rond, s’entremêlent ou se superposent, dans toute une déclinaison de tons jaunes, rouges et bruns, voire violets. Ces anciennes carrières ont été creusées par l’homme, au fil du temps, et façonnées par les intempéries. En suivant le sentier, on en découvre toutes les facettes. Sublime ! Mais attention, les carrières ne sont ouvertes, hors saison, que les week-ends et les vacances scolaires.

 

L’origine des ocres de Provence

Elle commence il y a 230 millions d’années lorsque la mer recouvrait ce territoire, y accumulant des sédiments calcaires. Durant les différentes périodes géologiques qui suivent, des dépôts d’argile puis de sables viennent s’y ajouter jusqu’à ce qu’un grand bouleversement - 130 millions d’années plus tard - fasse émerger la Provence hors de l’eau. Les sables se transforment alors pour devenir plus ocreux et s’enrichissent de minéraux, d’hydroxyde de fer. Les pluies diluviennes qui suivent blanchiront les sables, recouverts en surface d’une concentration, plus ou moins forte, de cet hydroxyde. C’est elle qui engendrerait cette déclinaison de tons de l’ocre. L’ocre est un pigment naturel qui commence à être exploité au 18e siècle, après que Jean-Etienne Astier a découvert ses propriétés : une couleur inaltérable et un dégradé incroyable de tons qui sont utilisés dans les enduits à la chaux, pour les façades et les murs des maisons. Depuis, le conservatoire des ocres, installé dans une ancienne usine d’ocres, continue d’enseigner l’art et les secrets de ces pigments aux peintres, aux coloristes et à tous ceux, grands et petits, qui désirent s’initier à ses différentes techniques d’utilisation. Des stages et animations y sont régulièrement proposés.

 

Ôkhra, conservatoire des ocres et pigments appliqués : usine Mathieu sur la D104 à Roussillon. Tél. 0490056669. okhra.com.

 

Jusqu’au beffroi

En redescendant vers le village, la rue des Bourgades, toute ensoleillée, expose ses façades patinées à la lumière. Les vieilles demeures ocrées inspirent la tranquillité, mais également la gaieté, la légèreté. À droite, c’est la petite montée des Arcades qui s’échappe vers le beffroi. La rue des Lauriers mène également à la place de la Mairie, centre de vie du village. Ici se côtoient les belles demeures du 18e siècle et les terrasses de quelques restaurants aux menus alléchants.

 

Le haut du village

Au-dessus, domine le beffroi, l’ancienne porte du castrum qui est devenue le clocher annexe de l’église : un géant qui nous toise, coiffé de son petit campanile. On passe le porche et c’est encore une haie d’honneur de façades ocrées qui nous accompagne. On dirait qu’elles sont sorties tout droit de la terre, s’habillant de volets aux couleurs acidulées. La première ruelle, à gauche, mène à l’ancien chemin de ronde d’où l’on profite d’un beau panorama. Plus haut, sinon, on atteint l’église Saint-Michel. L’intérieur, dépouillé, est pourtant très chaleureux. En poursuivant l’ascension jusqu’à la table d’orientation, on se régale du paysage entre Luberon et Ventoux.

 

Où manger

Le Bistrot de Roussillon propose un délicieux gigot au confit d’ail. Place de la Mairie. Tél. 0490057445.

 

Pour en savoir plus

L’office de tourisme se trouve sur la place de la Poste. Tél. 0490056025. otroussillon.fr.

 

Votre itinéraire

En redescendant du village de Roussillon, suivez la D104 puis la D4 et la D201 en direction d’Apt pour atteindre la D900. Il faut compter 10 km entre Roussillon et Apt.

Apt, dans la tradition

 

Lovée dans le cœur du Parc Régional du Luberon, cette ancienne cité romaine située sur la Voie Domitienne aurait eu comme hôte d’étape Jules César revenant de l’une de ses campagnes en Espagne. Au Moyen-Âge, elle affirme sa catholicité en résistant aux Vaudois des villages protestants voisins. Malgré les pestes et les soubresauts de l’Histoire, la cité s’est toujours distinguée par sa douceur et sa forte tradition de terroir. Berceau du fruit confit de Provence, elle est aujourd’hui un "site remarquable du goût", et très fière également de son marché connu depuis le Moyen-Âge et qui envahit les rues tous les samedis matins, un marché classé "marché d’exception". On l’aura compris : ici on se fait plaisir et on mange bien !

 

Des quais vers la Basilique

Belle entrée en matière depuis le quai de la Liberté : on découvre les deux plus vieilles échoppes artisanales de fruits confits. On s’infiltre alors boulevard de la République intimiste et commerçant. Au bout de rue, la place du Septier, qui se définit comme l’ancien quartier noble, exhibe ses façades d’hôtels particuliers. La rue Sainte-Anne ouvre alors sur la Basilique du même nom.

 

La Basilique Sainte-Anne

L’édifice classé monument historique affiche un style roman sur sa façade sud avec son clocher, puis gothique au centre, et classique sur la façade nord. À l’intérieur on s’attarde sur les belles stalles du chapitre et sur le vitrail d’Apt (XIVe siècle). Devant l’autel, un escalier mène aux deux incroyables cryptes. On devine, dans ces sombres espaces, toute la magie des rites sacrés qui s’y déroulaient au XIe siècle et dans l’Antiquité. Elles y abritent selon la tradition les reliques de Sainte-Anne, la mère de Marie.

 

L’âme du centre

Plus bas, la rue des Marchands, commerçante, nous offre une belle perspective sur le beffroi de la cité, son campanile et ses détails architecturaux. Magasins, terrasses et cafés conduisent doucement sur la place du Postel. Ici, le Musée de l’Aventure Industrielle partage les richesses et les secrets d’Apt : l’ocre, la faïence et les fruits confits. Et puis la rue Saint-Pierre déroule son autre lot de commerces traditionnels à la provençale, avant d’atteindre la porte de Saignon, vestige de l’enceinte médiévale. Il ne reste plus qu’à déambuler dans les vieilles rues pour y découvrir d’anciennes chapelles, des cadrans solaires ou des oratoires ornant les murs. Passez par la place Jean-Jaurès (l’ancien forum antique) pour rejoindre la place Gabriel Péri et ses attrayantes terrasses de café ensoleillées, très animées les jours de marché.

 

Où manger

Une cuisine du marché c’est au bistrot Le France au 67, place de la Bouqueterie. Tél. 0490742201.

 

Pour en savoir plus

L’office de tourisme intercommunal Luberon Pays d'Apt se trouve 20, avenue Philippe de Girard. Tél. 0490740318. www.luberon-apt.fr.

 

Votre itinéraire

À la sortie d’Apt, prendre la D48 en direction de Saignon à 4.5 km.

Saignon, cité de pierre

 

Un autre petit bonheur de village qui mesure son caractère cette fois-ci à l’austérité et à la rusticité de ses pierres. Également établi sur un éperon rocheux comme son voisin Roussillon, il domine le plateau des Claparèdes, dialoguant avec le Mont Luberon. Ici, la pierre taillée se confond avec la roche calcaire et les vieux toits rouges s’harmonisent avec le vert alentour. Dans le village, l’intimité est au rendez-vous à chaque coin de rue, derrière chaque porte de restaurants ou d’artisans.

 

Vers l’Église

La rue principale du village donne déjà le ton : des maisons vieilles et cossues, des potiches posées de chaque côté de belles portes d’entrée sculptées, du lierre, de la vigne ou du rosier grimpant. Ici le temps semble figé, offrant un tableau reposant. À droite, on se dirige vers l’église de style roman et datée du XIIe siècle. Elle fut un lieu de pèlerinage pour les provençaux, mais aussi les italiens se rendant à Compostelle. En continuant, on rejoint la place de la Fontaine qui trouble délicieusement le silence par son gargouillis incessant. La fontaine est de pure élégance avec son bassin et sa vasque surmontée de deux statues allégoriques, elle donne un air de préciosité qui s’accorde à merveille avec les nobles demeures qui l’entourent et les terrasses de restaurant. Juste en face, le grand lavoir couvert semble encore attendre les lavandières du siècle passé.

 

La tour de l’horloge

La rue continue et se divise en un méandre de petites venelles, de calades, un désordre soigné qui accentue paradoxalement un ordre établi, celui de la vie paisible régnant dans le village. La tour de l’horloge un peu plus bas dresse son édifice massif au-dessus des toits pour y exposer un campanile rudimentaire fait de quatre tiges d’acier supportant une petite cloche, dans un style dépouillé.

 

Le rocher

En grimpant jusqu’en haut du village, on remarque la chapelle castrale qui se confond avec le rocher. Il faut emprunter alors les escaliers qui montent au sommet du promontoire et le longer pour avoir une vue à 360° sur tout le Pays d’Apt, le Mont Ventoux et le Luberon. D’ici, également, on a une incroyable vue plongeante sur tout le village.

 

Où manger

Il faut essayer la queue de bœuf mijotée au muscat au Comptoir de Balthazar : place de l’église. Tél. 0490046355.

 

Pour en savoir plus 

Saignon dépend de l’office de tourisme intercommunal Luberon Pays d'Apt.

Vos livres de route

 

- Guide du Routard : Provence (Bouches-du-Rhône, Vaucluse et Haute-Provence)

- Guide Vert : Provence

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